Deux films qualifiés d’ « obscènes » retirés des écrans en Iran
Deux films ont été retirés de l'affiche dans les cinémas iraniens pour atteinte à la morale islamique. Sortis en salle début mars, les films "Police des mœurs" (Gasht-e-Ershad) et "Vie privée" (Zendegi-e-Khosoosi) ont été définitivement interdits dans l'ensemble des salles de cinéma mercredi 11 avril.Ces interdictions sont le fait des milieux ultraconservateurs qui ont condamné des films "immoraux" et obscènes". Des bassidji et des partisans d'Ansar-e-Hezbollah, deux groupes paramilitaires, ont manifesté le 18 mars devant le ministère de la culture et de la Guidance islamique avec des pancartes "Familles de martyrs, nous avons honte", demandant le retrait des films dans les cinémas sous un délai de quarante-huit heures.
Ahmad Khatami a demandé au ministère de "retirer ces films des écrans pendant qu'il en est encore temps" et d'"invalider l’autorisation de diffusion", avant d'ajouter : "Ce n’est pas digne de vous et de votre ministère d’autoriser la diffusion de ces films obscènes dont le contenu insulte le régime et les valeurs sacrées. [...] Les responsables doivent savoir que nous ne faisons pas de compromis sur la religion et les mœurs. " Ses propos ont été repris par des membres du clergé dans d'autres villes.
Pourtant, ces deux films avaient bénéficié de l'accord indispensable du ministère de la Guidance. Le film Vie privée, réalisé par Mohammad Hossein Farahbakhsh, traite le thème audacieux de l'infidélité et met en scène un homme prenant ses distances avec un passé de croyant fervent et pratiquant. Police des mœurs, de Saïd Soheili, un ancien bassiji, raconte l'histoire de trois amis issus de familles modestes qui se font passer pour des agents de la police des mœurs afin de se faire de l'argent. Ce dernier film a reçu un prix au Festival national du film Fajr.
Plusieurs voix ont contesté ces réactions hostiles dans les jours qui ont suivi. L'assemblée des réalisateurs iraniens a qualifié, dans un communiqué, ces événements de "désolants", soulignant que l’interdiction de films ayant reçu une autorisation de diffusion au préalable constituerait un précédent.
En vain. Les deux films ont finalement disparu des salles.
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